Elise Blouet est restauratrice et conservatrice. Elle a signé pour Cire Trudon la peau de cuir de la bougie Cuir de Russie, créée en exclusivité pour le Cabinet des Curiosités de Thomas Erber. Rencontre.

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Rencontre avec Élise Blouet

Rencontre avec Élise Blouet

  • Comment, dans votre parcours, en êtes-vous arrivée au cuir ?

Au début de ma vie professionnelle, j’étais plutôt passionnée par le métal et j’ai beaucoup travaillé sur des armures anciennes. Lors d'une intervention sur une armure du 16e au château de Chillon en Suisse, il a fallu résoudre un problème d’interaction entre les lanières en cuir et les éléments métalliques qu’elles reliaient entre eux. Un vrai de coup de foudre… Le cuir, ce matériau relativement peu connu, est devenu un centre d’intérêt majeur pour moi.  

  • Pourquoi aimez-vous travailler le cuir ?

C’est un matériau noble, chaud, intemporel, presque sensuel. Le secret de fabrication, la texture, l’odeur, l’usage (depuis la courroie grossière de charrue jusqu’à la maroquinerie d’un raffinement extrême)… il faut apprendre à connaître et chercher à comprendre le cuir avant de pouvoir le travailler, une sorte d’apprivoisement mutuel.

  • Quel type de cuir préférez-vous travailler ?

Les cuirs anciens, bien sûr: le cuir de Hongrie, tanné à l’alun, les cuirs de tannage végétal, les cuirs de buffleterie… Aujourd’hui, quelques rares tanneries sont encore capables de produire des cuirs d’une qualité exceptionnelle.

Actuellement, ma préférence va au cuir de Russie, pour son grain atypique, la densité de ses fibres et la souplesse de sa main, et surtout son parfum…  Il faut dire que depuis plusieurs années je fais obstinément des recherches sur ce cuir dont j’ai pu reconstituer la recette de fabrication perdue depuis  plus d’un siècle.

  •  Quel est votre objet en cuir préféré ? 

Une tenture en cuir doré du Nord de la France. Dans ce tout petit village d’Hocquingen se trouve un presbytère hors du temps. Le salon est entièrement tapissé de cuir doré noir et or qui date du 18ème siècle. Il donne une atmosphère hors du temps à cette pièce. J’ai eu la chance de le restaurer en 2013 et depuis, je rêve de tapisser ma bibliothèque avec du cuir.

  • Portez-vous du cuir ?

Mon sac à main, mais pas n’importe lequel !  C’est un sac d’infirmier de l’armée suisse avec de nombreux compartiments, que vous ne trouverez jamais en vitrine de magasin car il est complètement hors mode ! Je me suis fait aussi une ceinture en cuir de Russie, bien sûr...

  • Que vous a inspiré la bougie Cuir de Russie ?

Le parfum de cette bougie est la quintessence de l’odeur du véritable cuir de Russie. Il reprend ses notes boisées, animales et fumées. Il m’entraîne dans les steppes de Sibérie avec Catherine II. Je m’imagine à St Petersbourg, assise dans un fauteuil gainé de ce cuir. J’ai envie de relire au coin du feu « Bérézina » de mon ami Sylvain Tesson. Cette flagrance évoque le cigare, le lapsang souchong, l’aventure et l’intime tout à la fois…

  • Comment avez-vous procédé pour créer cette peau en cuir qui l’habille ?

Techniquement c’était très difficile. Le verre est un matériau inerte. Le cuir un matériau vivant qui bouge, vit, se dilate, se rétracte. Il a fallu plusieurs essais pour arriver au résultat espéré, notamment bien choisir l’emplacement du morceau dans la peau pour pouvoir « jouer » avec la souplesse du cuir. Comment procéder ? Beaucoup de patience, de la rigueur, de la minutie et l’amour du travail bien fait…

  • A quel moment de la journée allumeriez-vous la bougie Cuir de Russie chez vous ?

Le soir, bien sûr, au coin du feu avec de bons amis. Mais aussi en « musique » de fond odorante dans la journée pour suggérer de façon subliminale le rêve et l’évasion quand on rentre chez soi.